Le mythe du GAFAM européen
Finalement, en 2026, nos dirigeants européens finissent par découvrir que oui, c’était risqué de déléguer toute l’infrastructure numérique, qui plus est aux américains. On entend des bruits courir ici et là, que des dirigeants d’entreprises commencent à se poser des questions à propos de ce qu’il se passerait si Trump décidait, avec les GAFAMS, ses alliés, de couper les principaux services aux européens. On commence alors à réfléchir à est ce qu’il existe d’autres alternatives à tel service (certains ne sont pas très connus du plus grand nombre, mais sont pourtant essentiels à leur business).
Face à ça, il y a plusieurs choses à voir. La première, c’est que c’est intéressant que l’on y pense, mais nous y sommes pas encore. Pendant le covid, on reapprenait qu’il était important d’avoir des lits de réanimations dans nos hopitaux, pour quel résultat aujourd’hui ? On a même entendu que certaines choses ne devaient pas être soumisent aux lois des marchés financiers, mais encore une fois, pour quel résultat ? Il en est de même ici. Si l’on ferme les yeux sur les actions de Trump, que l’on trouve des accords avec lui, alors à quoi bon continuer à remettre en question l’ordre actuel des choses ? Après tout, on se fait de l’argent, pour le moment, donc il n’y a pas d’urgence, on y réfléchira plus tard. Ce scenario est plausible, la question se reposera certainement à un autre moment, si ça n’arrive pas là. Mais, pour autant, est ce qu’il y aura eu des actions concrètes de faites ? J’en doute fort.
L’autre chose à voir à cela. C’est que la réponse apportée semble, encore une fois, la mauvaise. A croire que l’on veut finalement refaire les mêmes erreurs. On attend nos GAFAM européens, nos entreprises qui se subsituront à Amazon, à Google ou à Facebook. Mais est ce que le souci initial est que ces entreprises étaient américaines (même si oui, construire le socle de notre infrastructure numérique qu’avec des entreprises issues d’un même pays, qui en plus à un nationalisme fort, ne semble pas être une idée très judicieuse), ou alors est ce que le souci est que l’on dépend d’un petit nombre d’acteur, dans un système capitaliste, où l’on cherche donc à maximiser le profit et donc ses propres interêts ? Dans ce cas, est ce que construire son infrastructure de santé avec une entreprise qui veut faire du profit est véritablement une solution viable ? Rien ne dit que demain, cette entreprise ne passe pas sous pavillon américain, on l’a déjà fait de vendre des actifs stratégique, alors pourquoi on ne le referai pas ? De plus, Musk n’a pas attendu Trump pour colorer Twitter (devenu ensuite X) d’idées d’extreme droite, les grands patrons technofascistes ne s’en cachent pas depuis plusieurs années, ils n’accompagnent pas Trump uniquement pour avoir les juteux contrats gouvernementaux. En France, Stérin a déjà commencé à faire son nid dans la tech (et notamment la tech dites souveraine). Est ce qu’il ne faudrait donc pas plutôt s’appuyer sur une multitude d’acteurs, avoir le choix. La tech européenne ne devrait elle pas s’inspirer de Mastodon ? En effet, ce réseau social est fédéré, c’est à dire que plein de serveurs communiquent entre eux, les utilisateurs et utilisatrices choisissent d’en rejoindre un, puis peuvent communiquer avec les autres. tout le monde (moyennement des infrastrures et une connaissance technique) peut créer son serveur, chacun dispose de ses règles, ses spécificités (il y en a orienté art, contenu tech, contenu LGBTQIA+ et ainsi de suite). La comparaison est un peu tordue, mais ce que je veux dire, c’est avoir pleins d’acteurs, qui sont spécialisés dans leur branche, ainsi on ne concentre pas tout le pouvoir dans les mains d’une seule personne. Au final, une idée similaire à Mastodon à emergé aux Etats-Unis: Bluesky. Les personnes en chargent du projet sont aussi parties sur un système decentralisé, afin d’éviter de se retrouver dans la situation de X (ils en savent quelque chose, vu qu’ils et elles en sont issues). La solution européenne semble donc là. Les dirigeants européens semblent l’oublier, mais en Europe, il y a une culture de l’informatique. Elle est ouverte et décentralisée. Donc plutôt que de rever d’un Google européen, un acteur tentaculaire. Nous pouvons avoir plusieurs acteurs spécialisés, ainsi que des technologies en codes ouverts.
En conclusion, j’ai assez peu d’espoir sur un sursaut de la politique menée en termes d’outils technologique mené. J’ai bien peur que ça ne soit qu’un sujet tendance, mais qu’au final, la majorité des entreprises et des administrations publics restent sur des services américains. Pourtant, je suis convaincu, que l’on a, actuellement, l’occasion de changer de modèle, de tendre vers une société des communs, dans laquelle les entreprises capitalistes européennes s’y retrouveraient. Pour rappel, open source ne signifie pas gratuit, de même que d’éclater un GAFAM en plusieurs entreprises européennes ne signifie pas avoir une entreprise à perte. Il est en effet possible de rever de ne plus dépendre d’acteurs capitalistes privés, qui s’associe pour faire les pires horreurs (cela n’a pas de nationalité, coucou Capgemini). Mais au contraire, de faire différemment, en pensant cette fois aux communs plutôt qu’à quelques interêts privés.